Pour commencer , un petit rappel

Pour commencer , un petit rappel
Le mouvement gothique est apparu entre la fin des années 1970 et le début des années 1980 au Royaume-Uni et perdure de nos jours avec plus ou moins de vitalité, principalement en Europe mais également sous des formes légèrement différentes dans le monde entier.

Cette sous-culture issue des mouvements punk et new wave, s'inspirant du cinéma expressionniste allemand, du fantastique et du roman gothique, se caractérise notamment (sans s'y réduire cependant) par une esthétique sombre, macabre, parfois provocatrice. Cette dernière se traduit par un code vestimentaire, la mode gothique, essentiellement basé sur le noir et les couleurs sombres, souvent accessoirisé avec des clous ou des éléments considérés comme mystiques, et perçus selon les points de vue comme sexy, provocateur, effrayant ou excentrique.

Le mouvement gothique ne doit pas être confondu avec le Gothic revival, qui est un mouvement architectural « néogothique » du XIXe siècle, caractérisé par la restauration de monuments anciens (ex : Cathédrale Notre-Dame de Paris, fortifications de Carcassonne) ou par des constructions neuves modernes mais utilisant le répertoire formel des styles décoratif et architectural développés en Europe à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance.



Historique

Racines punk (1978-1983)

Après l'explosion du mouvement punk en 1976 et 1977 sont apparus au Royaume-Uni une multitude de groupes de musique incontestablement influencés par ce mouvement mais mêlant des influences très diverses et poussant l'expérimentation musicale dans des directions nouvelles.

Ces groupes très disparates furent regroupés sous le vocable très flou de New Wave.

Au sein de cette mouvance, certains groupes adoptèrent un style, un look et des thèmes semblables qui, bien plus tard, seraient qualifiés de « gothiques » par leur noirceur et leur théâtralité.

Parmi ces groupes, on retrouve Bauhaus, Siouxsie and the Banshees, Joy Division, Uk Decay, Virgin Prunes, partageant un public qui, petit à petit, va adopter lui-même le style de ces groupes. En dehors de leurs origines punks, ces groupes partagent des influences venues du rock des années 1960 comme The Velvet Underground ou The Doors.

On ne parle pas encore de « gothique », bien que ce terme ait été ponctuellement employé par des journalistes pour qualifier la musique de Joy Division ou Siouxsie and the Banshees, mais de « positive punk » ou bien encore de « cold Wave » pour qualifier le look qui, à l'époque, reprend les classiques punks comme le Mohawk (crête), mais exclusivement en noir et blanc (avec prédominance du noir).

En 1984 et 1985, avec l'émergence des soirées Batcave à Londres et des soirées Sébales à Paris (à l'Opera Night le jeudi soir) , une seconde vague de groupes commence à émerger, avec Danse Society, Play Dead, Southern Death Cult, The Sisters of Mercy et The Cure qui abandonnent le son new wave des débuts pour quelque chose de plus sombre.

Un grosse partie de ces groupes aura pour originalité de jouer sans batteur mais d'utiliser un boite à Rythme, ce sera la cas des March Violets, Red Lorry Yellow Lorry, Skeletal Family et surtout du groupe phare de cette génération: Cocteau Twins. Leur Label 4AD Records sera d'ailleurs l'un des meilleurs du genre avec des groupes comme Dead Can Dance, Clan of Xymox, This Mortal Coil, Pale Saints ou Ultra Vivid Scene (et plus tard les Pixies, Lush ou Throwing Muses)

Vers la même période apparaît, en Californie, une scène death rock, pendant américain du rock gothique britannique, avec comme tête de file Christian Death.

L'ouverture en 1982 du club londonien le « Batcave » marque une nouvelle étape dans la visibilité du mouvement dans les médias et pour le public, et introduit une certaine dose de sensibilité Glam au mouvement.

Les termes « new wave », « batcave », « curiste » et « corbeaux » sont alors les termes les plus employés pour désigner les adeptes du mouvement.


Émergence en tant que mouvement

Après avoir été appliqué d'abord pour qualifier une musique, puis pour qualifier les groupes qui la pratiquaient, le terme « gothique » finit par être donné aux personnes suivant ces groupes et à la sous-culture qu'ils constituent.

À la fin de l'année 1983, la sous-culture gothique a son existence propre. Elle devient indépendante du punk dont elle pouvait être considérée comme un des multiples courants dans les années précédentes.

L'attribution du nom « gothique » à cette scène aura une influence considérable sur son évolution future. En effet, la population constituant les prémices du mouvement s'était agglomérée par affinité culturelle — principalement autour de groupes de musique donc. Dès lors que le mouvement sera appelé « goth », il va attirer tous ceux qui se reconnaissent dans ce vocable. N'ayant eu que peu, ou pas, de contacts préalables avec le mouvement à proprement parler, ces « nouveaux venus » ne partagent que peu de traits communs avec la scène gothique originale. Ce phénomène, encore amplifié par l'émergence du mouvement goth dans les médias et via Internet, aura pour conséquence un formidable enrichissement — allant parfois jusqu'à la dispersion — de ce qui sera considéré, souvent au grand dam des puristes, comme relevant de la culture gothique.


Évolution

L'année 1985 marque un tournant de la scène gothique au Royaume-Uni, avec la séparation de plusieurs groupes majeurs, comme Bauhaus, UK Decay, Sex Gang Children ou Southern Death Cult, et l'arrivée sur le devant de la scène de groupes plus rock (là où les fondateurs étaient plus punk) tels que The Sisters of Mercy, The Mission UK ou Fields of the Nephilim.

D'autres groupes des premiers temps évoluent vers des directions plus pop ou new wave, comme Siouxsie and the Banshees et The Cure.

Émergent également à cette période des groupes produisant une musique lyrique et mélancolique, souvent inspirée de world music et de poésie romantique. Très influents sur la scène sans en faire réellement partie, les fers de lance de ce nouveau genre sont Dead Can Dance, This Mortal Coil ou Cocteau Twins.


Le déclin

La deuxième moitié de la décennie 1980 vit un déclin du mouvement gothique au Royaume-Uni, certainement imputable à un manque de créativité des groupes restant en activité, malgré quelques sursauts ponctuels comme le remix de Temple Of Love des The Sisters of Mercy avec la participation de Ofra Haza.


Le renouveau venu de l'Allemagne avec la musique darkwave (1990)

À la fin de la décennie 1980 et au début des années 1990, l'Allemagne qui, jusqu'ici, n'avait produit que peu de groupes d'importance (hormis entre autre X-Mal Deutschland, Malaria!), voit surgir une vague de nouveaux artistes (et leur public) qui sera cataloguée sous le vocable « dark wave », sans toutefois que celui-ci ne revête une identité artistique particulière.

En effet, dans ce mouvement, certains demeurent (tout d'abord) dans la droite ligne du rock gothique le plus orthodoxe comme Love Like Blood ou Garden of Delight alors que d'autres teintent leurs racines gothiques d'Electro et de musique industrielle (Project Pitchfork, Deine Lakaien, Girls Under Glass).

Le groupe emblématique de ce véritable revival de la scène gothique : Das Ich, projet électronique puisant son inspiration dans la culture allemande, utilisant entre autres des références bibliques (Kain und Abel, Jericho) ou philosophiques (Die Propheten, Gottes Tod).


Le mouvement aujourd'hui

Rapprochement avec les scènes électronique et industrielle

À la fin des années 1980, l'avènement de la techno ringardise tout mouvement ou référence apparentés au rock, les reléguant du devant de la scène à l'état de scènes alternatives, les disques deviennent plus difficiles à trouver, les concerts sont plus rares et les salles plus petites. Cette situation alimente un sentiment ambigu de la part du public souvent complètement réfractaire aux musiques électroniques, partagé entre la frustration d'avoir perdu un état de reconnaissance commerciale et le plaisir de l'appartenance à un nombre limité de connaisseurs.

Du fait de ce contexte musical et historique peu propice, ce rapprochement est surtout dû à la concordance des thématiques abordées, au-delà de la coloration musicale des groupes. Ce sont bien les thématiques abordées qui furent reconnues comme similaires et qui posèrent les bases du rapprochement avec ces deux scènes.

Néanmoins l'avènement de l'électronique de façon propre à l'esprit gothique à rapidement évolué. Probablement grâce à l'héritage culturel et musical de l'indus Punk révolu, par défiguration, des groupes allemands comme par exemple Diary of Dreams ont su renverser l'innocence figée du mouvement techno. Depuis la deuxième moitié de la décennie des années 2000, à en croire le nombre de soirées dédiées et le nombre de formations musicales, l'électro défigurative ou l'électro gothique est très appréciée de la nouvelle génération, dite aussi "Cyber" du mouvement gothique. A qui domptera le son le plus destructeur, et qui par le mouvement ou la dérision, le renverra comme un miroir contre lui-même.


Rapprochement avec la scène metal

Alors que, depuis les origines, le mouvement gothique s'était construit - tout comme le mouvement punk et la scène post-punk en général - en opposition avec la scène rock institutionnalisée des années 1970, et donc de la scène heavy metal qui en fut l'héritière, on vit à partir du milieu des années 1990 des passerelles se former entre les musiques gothiques et metal.

À part quelques exceptions (comme Killing Joke), ces passerelles furent principalement le fait d'artistes metal, agrémentant leur musique d'éléments considérés (parfois à tort) comme gothique, ce qui donna naissance au gothic metal (Paradise Lost, Moonspell, Type O Negative). Ces éléments pouvant être autant musicaux, comme des ch½urs féminins lyriques (Nightwish, Within Temptation) ou l'usage d'instruments anciens, que culturels, comme des références aux anciennes cultures païennes ou des thématiques liées au désespoir.

Le rapprochement avec les scènes électronique et industrielle, qui étaient moins réticentes envers le métal et qui possèdent un genre dit cross-over (qui prendra le nom de metal industriel par la suite), et dont le nom tient justement au fait que ce genre soit à cheval entre le metal et la musique industrielle, avec des groupes comme Nine Inch Nails ou Oomph!, est aussi un élément à prendre en compte. Mais le facteur le plus important tient avant tout à l'amalgame - volontaire ou non - fait par les médias entre la culture métal et la culture gothique, que ce soit pour parler d'artistes comme Marilyn Manson ou Rammstein, ou pour parler de faits divers comme la fusillade du lycée Columbine de Littleton aux États-Unis en avril 1999[2] ou la profanation du cimetière de Toulon en France en juin 1996[3].


Rapprochement avec la communauté rôliste

La communauté rôliste, évoluant traditionnellement dans des univers heroic fantasy, investira massivement les thématiques sombres contemporaines à partir du début de années 1990 avec la parution du jeu Vampire : la Mascarade. Ce jeu fait évoluer ses héros dans un univers défini comme « gothic-punk » et la première édition des règles est émaillée de citations de groupes comme Killing Joke ou The Sisters of Mercy jetant un pont thématique, musical et même vestimentaire via la Camarilla, version grandeur nature de Vampire.


L'impact sur la société

Le mouvement gothique évolue généralement en marge de la société. Pour cette raison, il existe une multitude de sites communautaires gothiques sur internet.
Les stéréotypes du gothique sont parfois utilisés à des fins humoristiques par des gothiques eux-mêmes. Il existe ainsi des sites internet qui diffusent l'image d'un gothique ridicule, concentrant en lui tous les clichés du mouvement[4].


Controverse autour du gothisme

Gothique avec une tenue élaborée et un bijou en forme de crâneUn thème récurrent est celui du gothisme : un nombre croissant de voix se réclamant du mouvement gothique s'élève pour mettre en avant un ensemble de valeurs constituant un esprit gothique, ou une idéologie nommée gothisme. Ce néologisme serait une résultante possible de la médiatisation et l'émancipation du public à la fin des années 1990, début des années 2000 pour cette sous-culture. Il désigne, à ses dépens, une vision caricaturale du mouvement et dresse un portrait stéréotypé de ses sympathisants afin de satisfaire les interrogations populaires et médiatiques.

Cette tentative de construction d'un ensemble de valeurs ne fait toutefois pas l'unanimité et son avenir reste incertain. Elle est plus longuement discutée dans la page consacrée au jargon gothique.


Mouvement gothique et idéologies

Politique

Le mouvement dans son ensemble est apolitique, ce qui signifie qu'il n'existe pas d'idéologie "officielle" d'un mouvement qui ne s'est pas construit autour d'un positionnement politique. Cela signifie également qu'au niveau individuel, il est possible de rencontrer toutes les tendances politiques imaginables. Toutefois, étant donné le caractère peu commun du mouvement gothique, ainsi que ses racines Punk, les idéologies extrêmes se rencontrent plus fréquemment que dans d'autres populations (extrême droite et extrême gauche, anarchisme, mouvement autonome , mais aussi écologie, végétarisme / végétalisme, straight edge, christianismes intégristes (USA principalement), etc. ).

Deux grandes tendances peuvent être décelées : la récurrence de polémiques autour d'une supposée infiltration par l'extrême droite, ainsi qu'une tendance à la politisation à gauche d'une partie des acteurs du mouvement.


Polémique autour de l'extrême-droite

Un certain nombre de quiproquos ont germé autour d'½uvres, de messages ou de revendications :
La chanson Killing an Arab, de The Cure, était en fait inspirée du roman L'Étranger d'Albert Camus
Siouxsie Sioux a porté successivement le brassard à croix gammée (à la mode punk) et l'Étoile de David (période Israël).
Un amalgame hâtif entre nazisme, satanisme et gothique est véhiculé par une frange des média en quête de sensationnel, ne témoignant que d'une profonde méconnaissance du sujet[5], par des ecclésiastiques procédant par raccourcis comme Benoît Domergue[6],[7] voire par certains auteurs comme Jean-Yves Camus[8], Jacky Cordonnier[9] ou Paul Ariès[10].
Certains artistes goths (ou assimilés), dans leur recherche de provocation, manipulent entre autres des symboles de l'extrême-droite, sans pour autant véhiculer un message politique d'extrême-droite (Marilyn Manson, Laibach, certains collages de Rozz Williams, notamment visibles dans son film Pig...)
L'équivoque existante sur une partie de la scène néofolk rejaillit sur le mouvement gothique, et de façon plus générale, la forte politisation de la scène industrielle.

Politisation à gauche

Les racines punk du mouvement favorisent une sensibilité à l'idéologie anarchiste
Certains groupes goths ou assimilés (Project Pitchfork, New Model Army, Skinny Puppy...) ont un discours engagé (écologistes, altermondialistes, anti-libéral, etc.)
Perméabilité avec la scène industrielle, qui est très politisée dans de multiples tendances (une partie de cette scène considère la politique comme un sujet musical de choix, voire la musique comme un objet politique à part entière)

Religion

Le mouvement gothique, dans son ensemble, ne saurait être assimilé au satanisme, bien que le détournement de certains symboles puisse favoriser l'amalgame. Néanmoins, certains gothiques se réclament du satanisme.

Le mouvement gothique, globalement, n'a de lien direct avec aucune religion en particulier. S'il n'est pas rare de rencontrer des gothiques se réclamant d'une confession religieuse, le côté « hors-norme » du milieu fait que cependant beaucoup ont une attitude critique vis-à-vis des religions établies, certains se disant agnostiques ou athées. Le détournement de symboles religieux et en particulier judéo-chrétiens (crucifix, soutane, étoile de David) dans le style vestimentaire est parfois expliqué comme étant une critique de ces religions.

On peut noter que certains gothiques (ou assimilés) se passionnent pour l'ésotérisme et/ou l'occultisme. Il est donc possible de rencontrer des individus ayant développé des croyances bien spécifiques, comme le paganisme ou la wicca. Aux USA, il existe une forte communauté "gothique" protestante intégriste : le noir faisant référence autant à la mode gothique qu'à la culture puritaine.


Culture

Il est assez difficile de cerner la culture gothique dans la mesure où la plupart des artistes qui la constituent effectivement en rejettent l'étiquette, la trouvant étriquée. De plus, les membres du mouvement gothique ont tendance à s'approprier des artistes qui n'ont eux-mêmes aucun lien avec ce mouvement. On s'efforcera donc dans cette section de distinguer les premiers des seconds.


# Posté le samedi 25 avril 2009 05:16

Modifié le dimanche 26 avril 2009 12:27

La musique Gothique

La musique Gothique
Plusieurs styles de musique peuvent être considérés comme relevant directement du mouvement gothique. D'autres, même s'ils ne sont pas liés directement à ce mouvement, sont appréciés par une fraction plus ou moins significative des membres de ce mouvement.

Genres musicaux liés au mouvement gothique (par ordre alphabétique)

Batcave : Alien Sex Fiend, Cinema Strange, Neva, Bauhaus...
Cold wave : Joy Division, Minimal Compact, Tuxedomoon, The Cure, Elijah's Mantle...
Dark wave : Das Ich, Umbra et Imago...
Dark Ritual : Virgin Prunes, Rosa Crux...
Death Rock : Christian Death, Frankenstein...
Gothabilly : The Cramps...
New wave : Depeche Mode, Eurythmics, Soft Cell...
Post-punk : Killing Joke, Public Image Limited, The Birthday Party...
Rock gothique : Sisters of Mercy, Fields of the Nephilim, The Mission, Inkubus Sukkubus...

Styles musicaux généralement appréciés par le public « gothique » (par ordre alphabétique)

Dark Folk : Death in June, Current 93, Sol invictus...
EBM : Front 242, Apoptygma Berzerk, Wumpscut, Front Line Assembly...
Heavenly voices : Flëur, Dark Sanctuary, Dead Can Dance, Rajna, This Mortal Coil...
Horror punk : The Misfits...
Metal industriel : Rammstein, Marilyn Manson, Nine Inch Nails, Ministry, Oomph!, Fear Factory...
Musique industrielle : Einstürzende Neubauten, Throbbing Gristle, SPK, Skinny Puppy, Laibach...
Musique médiévale : Gor, Corvus Corax, Faun, Era...
Punk : Sex Pistols, The Clash, Dead Kennedys, Bérurier Noir...
Rock : The Smiths, New Model Army, Noir Désir, Placebo...

Certains styles issus du metal, plus particulièrement le Metal gothique, le black metal, le Death metal, ou le Doom metal (Tristania, Paradise Lost, Lacuna Coil, Moonspell, The Sins of Thy Beloved, Type O Negative, Elend, My Dying Bride...)

Ainsi que certains styles de musiques Techno comme le Big beat (The Prodigy, The Chemical Brothers, The Crystal Method...), l'Electroclash (Fischerspooner, The Hacker, Terence Fixmer...), le Power Noise ou Techno indus (Winterkälte, Converter, P.A.L...), la Techno hardcore (Fast Forward, Micropoint, Aphasia...)

De plus, certains gothiques ont également un goût prononcé pour la musique classique

# Posté le samedi 25 avril 2009 05:25

Le Maître !!

Le Maître !!
Sopor Aeternus & The Ensemble of Shadows (contracté également sous la forme de "Sopor Aeternus" ou bien "Sopor") est un projet musical aux influences dark-folk, gothiques, Darkwave et néoclassiques dont la principale figure est Anna-Varney Cantodea. Ce projet naquit à la fin des années 1980.

Sopor Aeternus & The Ensemble of Shadows
Naissance Francfort, Hesse, Allemagne

Genre(s) Darkwave, Dark-folk, Néoclassique
Années actives Depuis 1992
Label(s) Apocalyptic Vision
Site Web soporaeternus.de

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Membres Anna-Varney Cantodea
Anciens membres Holger
Entourage Nenia C'alladhan, White Onyx Elephant


Naissance et Développement

On ne connaît encore pour l'heure la date exacte de la création du projet Sopor Aeternus & The Ensemble of Shadows en 1989. Le personnage principal du concept, Anna-Varney Cantodea est à l'origine de Sopor Aeternus avec Holger, un personnage plutôt énigmatique. Les deux se rencontrent dans une boîte de nuit gothique dans les rues de Francfort en Allemagne, le « Negativ ».

Anna-Varney expliquera plus tard dans une de ces rares interviews le fait d'aller à la rencontre du genre humain de manière très sporadique. Suite à cette rencontre, Holger devint alors un lien entre Anna-Varney et le monde extérieur. En effet, il lui permit d'avoir une connexion, bien que moindre, avec la société.

Plus tard, Holger décida, pour des raisons qui, pour le moment, sont encore inconnues de rejoindre Anna-Varney afin de mettre à bien un projet musical présentant une dimension onirique et fantastique. On retrouve cet univers onirique dans le terme « Sopor Aeternus » signifiant « Sommeil éternel » que l'on peut également traduire par « Sommeil de Mort » et le fantastique demeure plutôt dans « The Ensemble of Shadows ».

Anna-Varney et Holger ont travaillé ensemble avec le peu d'argent dont ils disposaient. Ils firent acquisition de plusieurs instruments de musique et composèrent ainsi Blut der schwarzen Roze et The Undead Trilogy. Trois maquettes furent faites : Es reiten die Toten so schnell..., Rufus(démo) et Till Time and Times Are Done. Autre que les cinquante versions de Es reiten die Toten so schnell... qui ne furent jamais vendues sur le marché, et peu après la création du projet, Holger décida d'abandonner Anna-Varney, toujours pour des raisons inconnues.

En 1994, Anna-Varney produit son premier album, Ich töte mich dont le nom complet est Ich töte mich jedesmal aufs Neue, doch ich bin unsterblich, und ich erstehe wieder auf; für einer Vision des Untergangs. Avec la sortie de cet album, beaucoup d'interrogations tournaient autour d'Anna-Varney. Non seulement sur les moyens financiers pour produire l'album mais également sur ses conditions de vie. En effet, certaines rumeurs affirmaient qu'Anna-Varney vivait dans une chambre sombre voire noire et que sa nourriture principale était la viande de rat.


Biographie d'Anna-Varney

On ne connaît pas grand-chose du personnage central de Sopor Aeternus, Anna-Varney Cantodea qui ne parle pas d'elle, ni de sa vie privée. Cependant, on peut ressentir dans son apparence et dans son ½uvre une profonde dépression, dépression qu'elle considère elle-même comme la source de sa création, sa musique n'étant qu'une catharsis[1]. Ce qui est probant chez Anna-Varney est sans doute son côté transsexuel ou asexué. Né homme, Anna-Varney, préfère qu'on le considère comme une femme. Elle n'a jamais subi d'opération afin de changer de sexe et ne compte pas en subir. Anna-Varney Cantodea est un pseudonyme. Anna est un prénom féminin répandu, surtout en Allemagne. Varney pourrait provenir de l'histoire Varney the Vampire, or The Feast Of Blood. Quant à Cantodea, il s'agit d'un néologisme de racine latine désignant une chanteuse.

Dans quelques interviews, elle révéla avoir passé trois décennies dans une état d'extrême dépression, de solitude et de désespoir ainsi que tous les sentiments qu'inspirent « The Ensemble of the Shadows ». « The Ensemble of the Shadows » se traduit par des voix, des présences, qui la guide et qui stimule ces inspirations musicales mais Anna-Varney ne parle pas de l'Ensemble devant des humains. Bien que son personnage soit sombre, mélancolique et ambigu, Anna-Varney possède cependant le sens de l'humour. Elle avoua aimer Dark Vador et voudrait changer le logo de la compagnie de sous-vêtements « The Fruit of the Loom » par « The Fruit of the Tomb » où son visage ferait face (ce logo fictif apparaît sur la jaquette de Nenia C'alladhan).

Sa musique connait des influences classiques et surtout médiévales. Elle dégage des émotions de mélancolie, de tristesse, parfois même d'effroi. Les instruments les plus souvent utilisés sont les cuivres, les bois (plus particulièrement les flûtes), les quatuors à cordes et quelques guitares. Dans certains cas, on peut distinguer dans son ½uvre l'utilisation de synthétiseurs et de percussions. La musique de Sopor Aeternus, à ses débuts, parlait exclusivement d'Anna-Varney. Notamment de la mort, du suicide, d'amour non-partagé, de douleur karmatique, de solitude et de tristesse. Un thème récurrent se trouve également dans l'½uvre de Sopor Aeternus, il s'agit de la transexualité et la volonté d'Anna-Varney de devenir une femme. Sur la jaquette de l'album Flowers in Formaldehyde on peut voir une orifice au niveau de son entre-jambes qui correspond au vagin de la femme. Cet orifice a été ajouté via un logiciel de retouche photo ; sur les photos de l'album Es reiten die Toten so schnell, où Anna Varney est nue, son pénis est également dissimulé.



# Posté le samedi 25 avril 2009 05:32

Modifié le dimanche 26 avril 2009 12:29

L'architecture Gothique

L'architecture Gothique
L'architecture gothique (ou francigenum opus) est un style architectural de la seconde partie du Moyen Âge en Europe occidentale.



Avant-propos

Intérieur de la cathédrale de Sées, Basse-Normandie : galeries d'arcs en ogive, caractéristiques de l'art gothique
Cathédrale de Strasbourg : rosace, vue extérieureCe sont les Italiens de la Renaissance qui ont nommé « gothique » ce style initialement nommé francigenum opus « art de France », puisque né en effet au c½ur du royaume, entre Chartres et Soissons. Le terme « gothique » fut utilisé a posteriori dans un sens péjoratif : l'art gothique était l'art des Goths, un art de « barbares » qui auraient oublié les techniques et les canons romains. Un certain nombre d'historiens de l'art réfutent aujourd'hui ce jugement et montrent que, par rapport à l'architecture romane qui la précède, l'architecture gothique n'est pas tant une rupture qu'une évolution.

L'architecture gothique apparaît en Île-de-France au XIIe siècle ; elle se diffuse rapidement au nord de la Loire puis s'impose en Europe jusqu'au milieu du XVIe siècle, avant d'être supplantée par l'architecture de la Renaissance.
Des monuments religieux, profanes, et des habitations des classes supérieures furent construits dans ce style. Toutefois, ce sont les cathédrales qui aujourd'hui l'incarnent le plus visiblement.

Son identité très forte est autant philosophique qu'architecturale. Elle représente probablement de ces deux points de vue, l'un des plus grands achèvements artistiques du Moyen Âge.


Historique

Cathédrale de Strasbourg : rosace, vue intérieureLe style gothique se développe en Île-de-France entre les XIIe et XVIe siècles[1], son développement est lié à un début de développement économique et en particulier à l'essor des villes[2]. Son évolution est stimulée par la concurrence entre les évêchés du nord de la France : chaque évêque veut une cathédrale plus belle et plus grande que celle du voisin. Cette émulation favorise la course à la hauteur des nefs. Les nouvelles idées sont rapidement exploitées à Noyon, à Laon, à Senlis, puis à Paris. Elles se répandent ensuite progressivement en Europe occidentale, avec des variantes locales propres à chaque contrée : Angleterre, Espagne, Italie, pays germaniques, Scandinavie...

Le style évolue dans le temps : au gothique dit « primitif » (XIIe siècle) succèdent en France le gothique « classique » (1190 - 1230 environ), puis le gothique « rayonnant » (v.1230- v.1350), enfin le gothique « flamboyant » (XVe / XVIe siècle). À la Renaissance, le style gothique tombe peu à peu en désuétude.


Avant le gothique

Depuis la fin du Xe siècle, les églises sont construites dans le style roman commun à une grande partie de l'Europe occidentale : les nefs sont couvertes d'une voûte en berceau ; les murs sont épais et soutenus par des contreforts massifs situés à l'extérieur. Le nombre et l'ampleur des fenêtres sont limités et l'intérieur des édifices est décoré par des fresques aux couleurs vives. Bien que les éléments techniques qui caractérisent l'art gothique existent depuis de nombreuses années (ogive, voûte, vitraux), c'est généralement l'édification de la basilique Saint-Denis sous Louis VI le gros, qui est considérée comme son acte de naissance.

L'historiographie récente tend à diminuer la rupture entre les styles roman et gothique. Par ailleurs, les spécialistes tendent à montrer que l'héritage antique n'a pas été complètement oublié du style gothique. Les sculpteurs et les architectes s'inspirent souvent des méthodes romaines.


Le gothique primitif ou protogothique

Les premiers édifices gothiques apparurent vers les années 1130-1150 en Île-de-France. C'est pourquoi ce style est appelé par ses contemporains en latin francigenum opus ou « ouvrage d'origine française », « ouvrage français ». C'est dans le domaine royal de la dynastie capétienne que le style trouve son expression la plus fréquente et la plus classique. À cette époque, la croissance démographique commande une augmentation de la taille des édifices religieux. La religion, le culte des reliques sont une composante essentielle de la vie des fidèles. La diffusion des innovations techniques rend le travail plus productif. Enfin, les villes et le commerce se développent, ce qui entraîne l'émergence d'une riche bourgeoisie.


Premières réalisations

L'église abbatiale de Morienval présente déjà quelques traits du gothique. Elle est antérieure à l'abbatiale de Saint-Denis, mais cette dernière est la première construction à se démarquer franchement du style roman.

L'abbaye bénédictine de Saint-Denis est un établissement prestigieux et riche, grâce à l'action de Suger, abbé de 1122 à 1151. Ce dernier souhaite rénover la vieille église carolingienne afin de mettre en valeur les reliques de saint Denis dans un nouveau ch½ur : pour cela, il souhaite une élévation importante et des baies qui laissent pénétrer la lumière.

Suger décide d'achever la construction de sa nouvelle abbatiale en s'inspirant du nouveau style entraperçu dans la cathédrale Saint-Étienne de Sens. En 1140, il fait édifier un nouveau massif occidental, en s'inspirant des modèles normands de l'âge roman comme l'abbatiale Saint-Étienne de Caen. En 1144, la consécration du ch½ur de la basilique marque l'avènement d'une nouvelle architecture. Reprenant le principe du déambulatoire à chapelles rayonnantes en le doublant, il innove en prenant le parti de juxtaposer les chapelles autrefois isolées en les séparant par un simple contrefort. Chacune des chapelles comporte de vastes baies jumelles munies de vitraux filtrant la lumière. Le voûtement adopte la technique de la croisée d'ogives qui permet de mieux répartir les forces vers les piliers.

Le premier art gothique s'étend durant la seconde partie du XIIe siècle dans le nord de la France. Le clergé séculier est alors tenté par un certain faste architectural. Saint-Denis passe pour le prototype : mais ce parti, très audacieux, ne sera pas immédiatement compris et suivi (façade harmonique, double déambulatoire, voûtes d'ogives). La cathédrale Saint-Étienne de Sens est un autre exemple initiateur de ce mouvement, moins audacieux que Saint-Denis : alternance des supports (piles fortes et piles faibles), voûte sexpartite, murs qui restent relativement épais - les arcs-boutants n'apparaissent qu'à la période classique. Cependant on peut y constater des innovations telles que l'absence de transept qui unifie l'espace et l'éclairage plus abondant. Les apports de Sens sont compris plus vite que ceux de Saint-Denis. La cathédrale de Sens va avoir davantage de répercussions et rapidement de nombreux édifices vont suivre son exemple, au nord de la Loire dans un premier temps.


# Posté le samedi 25 avril 2009 08:37

Modifié le dimanche 26 avril 2009 12:30

Architecture

Architecture
Le gothique classique

Le gothique classique correspond à la phase de maturation et d'équilibre des formes (fin XIIe-1230 environ). On construit alors toutes les plus grandes cathédrales : Reims, Bourges, Amiens, etc. Le rythme et la décoration se simplifient. En réalité, on privilégie le colossal au détriment du raffinement ; l'élan vertical est de plus en plus prononcé. L'architecture s'uniformise : on abandonne l'idée de principe de piles alternantes très marqué à Sens.
Pour cette période, on commence à connaître le nom des architectes, notamment grâce aux labyrinthes (Reims). Le travail se rationalise. La pierre se standardise. Le monument prototype est Chartres, projet ambitieux avec une élévation à trois niveaux qui a pu être possible grâce au perfectionnement dans le contrebutement. La mise au point des arcs-boutants permet de supprimer les tribunes qui jusqu'alors jouaient ce rôle. Les autres pays d'Europe commencent à s'intéresser à cette nouvelle forme architecturale (Canterbury, Salisbury, etc.). La cathédrale de Laon qui servit probablement de modèle à d'autres aura trois niveaux de tribunes.

Tableau des principaux édifices du gothique classique en France

Ville Cathédrale Début des Travaux Fin des Travaux (gros ½uvre) Date de la consécration

Reims Notre-Dame de Reims 1211 1275 inconnue
Bourges Saint-Étienne 1195 1230 le 13 mai 1324
Amiens Notre-Dame d'Amiens 1220 1264 à compléter
Chartres Notre-Dame de Chartres 1194 environ 1220 1260

# Posté le samedi 25 avril 2009 08:40

Modifié le samedi 25 avril 2009 09:11